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Mes 30 premiers jours de freelance

 

Se lancer dans le monde de l’entrepreneuriat c’est comme sauter d’un avion en parachute des fois même sans parachute !
J’ai mis 3 mois à sortir officiellement de l’avion. J’ai ouvert mon parachute le 2 janvier 2018. 30 jours plus tard, j’essaye d’atterrir.

 

Première semaine entre euphorie et sérénité

J’ai 26 ans et je suis chef d’entreprise, je suis euphorique ! J’ai presque le sentiment d’accomplir quelque chose de grand et de changer de monde.
Confiante et sereine, je ne prends pas de résolutions drastiques comme le commun des mortels.

Je garde les mêmes résolutions que l’année précédente avec quelques ajustements :

  • Mieux m’organiser
  • Planifier mes journées
  • Respecter mon planning

Je planifie aussi d’aller à la salle de sport…et je m’y tiens !

Depuis trois mois, j’ai peaufiné mes compétences, mon persona, mes services, mes tarifs et
surtout je sais avec qui j’ai envie de travailler et pourquoi je suis freelance.

Je veux travailler avec des artistes et des professionnels de la musique. Sur des projets qui me font vibrer et qui peuvent laisser libre cours à ma créativité. Pouvoir le faire de n’importe où et n’importe quand et surtout être entièrement indépendante.

J’ai préparé:

  • Mon site internet
  • Mes réseaux sociaux
  • Mes réseaux de freelances
  • Mon portefeuille de clients potentiels

Je développe à ce moment-là un sentiment de plénitude et de réconfort. Je suis exactement là où je veux être et je compte bien y rester !

Je viens de sauter de l’avion et je suis en chute libre. J’adore ça !

Deuxième semaine entre la course de fond et le saut de haies

J’ai reçu mon numéro de Siret et juste pour ça j’ai envie de sabrer le champagne. Pour autant, rien n’est fait ! Je n’ai pas encore de contrats signés, ni même ouvert un compte bancaire professionnel !

Face à la réalité administrative, je suis toujours en plein vol et je maintiens le cap.

J’apprends à jongler entre les rendez-vous avec des clients potentiels et les attentes (interminables) au téléphone avec Pole Emploi, la CAF, la mutuelle, la banque, l’URSSAF et j’en passe.
Surtout, j’admets que tant qu’on n’a pas mis les pieds dans cette jungle administrative , on ne comprend pas totalement la définition de l’agacement.

« Agacement » – nom masculin : Énervement mêlé d’impatience.

Je décide de prendre un peu de distance et de me concentrer uniquement sur un objectif : construire mon portefeuille de clients.

Confrontée au bon vieux syndrome de l’imposteur et à sa meilleure amie l’incertitude. Je me pose beaucoup de questions :

  • Est-ce légitime de proposer cette prestation avec ce prix-là ?
  • Mon travail mérite-t-il une telle rémunération ?
  • Cette personne va-t-elle accepter de collaborer avec moi ?

Comme si finalement les angoisses de l’entourage et de la société sur « la précarité de la vie d’un freelance » ne suffisaient pas, il faut moi aussi que je me torde l’esprit.

Ce sur quoi j’aurais dû travailler:

  • Ma confiance
  • Ma valeur réelle
  • Ma légitimité

Néanmoins, j’ai deux sérieux clients potentiels en ligne de mire. Ils m’ont trouvé grâce à la vidéo que j’ai réalisée et assuré la promotion pour l’artiste Tom Ace .

En 48h nous avons atteint 35 000 vues sans sponsorisation sur Facebook. C’était hallucinant! Nous gagnons plus de 1000 vues toutes les heures sur une vidéo faite avec mon Iphone 7+ et filmée quatre jours plus tôt.

Au passage, la vidéo est le média qui fonctionne le mieux, et de loin, sur Facebook … Ne le négligez pas!

En matière de chiffre:

  • 35 000 vues sur Facebook en 48h
  • 2 248 réactions, commentaires et partages
  • 287 nouveaux fans sur la page
  • 1 article dans un webzine spécialisé

Tous les résultats sont hyper positifs et très encourageants pour la suite des événements de l’artiste Tom Ace!
Alors je ne lâche pas le morceau, je continue ma course de fond et je saute les petits obstacles !

Je respecte toujours mon planning et mes heures de sport !

Je viens d’ouvrir mon parachute. J’apprécie regarder l’horizon à perte de vue. J’ai l’impression de pouvoir toucher du doigt le sommet de la montagne.

Troisième semaine entre doutes et victoires

J’effectue des devis pour deux super projets. Un pour un tout nouveau label de musique lyonnais et un second pour un rappeur du 95. Mais puisque Monsieur Syndrome De-L’imposteur et Madame Incertitude m’accompagnent, je cède sur certains points et je manque d’assurance.
Je m’en veux ! Je me rassure tant bien que mal, je ferai mieux la prochaine fois.

C’est surprenant de pouvoir être à la fois confiante et effrayée, de transpirer d’enthousiasme et de trembler d’inquiétude.

Mon temps est compté et il vaut de l’argent. J’essaye d’ améliorer ma productivité et ma concentration en lisant des articles de développement personnel pour améliorer ma productivité. Je découvre alors que beaucoup d’entrepreneurs écrivent sur le sujet. Je réalise en fin de compte que je perds du temps à écumer les articles et noter les conseils.

J’ai peur de ne pas avoir suffisamment de temps pour faire tout ce dont j’ai besoin et envie de faire. Je perds du temps à chercher comment y remédier avant même d’être confrontée au problème!
J’ai donc moins de temps pour mes activités personnelles comme lire et jouer de la musique.

Mes devis sont acceptés! J’ai deux contrats pour une durée de 6 mois.

Objectif atteint!

J’ajuste mon planning et je vais toujours à la salle de sport.

Je suis toujours en plein vol, mon parachute est grand ouvert, le vent dans les joues: c’est un shoot d’adrénaline!

Quatrième semaine l’atterrissage

Le moral est au maximum! Je suis en forme!

Je suis en train de vivre exactement ce que je souhaitais vivre professionnellement.

J’ai tenu mes résolutions pendant un mois:

  • Respecter mon planning
  • Décrocher des contrats
  • Continuer la salle de sport

Pourtant il y a comme un coup de vent dans la voile. Un petit goût acide dans la bouche. Un poids sur mes épaules.

Je ne peux pas me satisfaire uniquement de 6 mois de freelancing!

Et puis, je n’ai toujours pas mon compte bancaire professionnel, j’attends toujours un devis de la mutuelle, je n’arrive pas à accéder à mon espace personnel sur le site internet de l’URSSAF, je n’ai toujours pas de réponse de ma conseillère Pole Emploi et la CAF me demande des justificatifs sans me donner la possibilité de les joindre en ligne.

Là tu comprends la seconde définition du mot “agacement”: irritation, légère douleur.

Alors 30 jours après, j’ai la sensation de devoir refaire exactement la même chose et mieux encore. Et je le fais sans hésiter! J’ai encore plus envie d’atteindre de nouveaux objectifs et de sauter d’encore plus haut.

Mais je me pose quelques questions:

  • Finalement, on n’arrête jamais de sauter dans le grand vide de l’entrepreneuriat?
  • Faut-il à chaque fois sauter pour continuer le challenge?
  • Et le jour où l’on ne saute plus c’est fini? Il ne se passe plus rien?

Je découvrirai sans doute ces réponses plus tard, et je ne suis pas pressée de les connaître. Pour le moment, j’ai réussi mon saut et je ne veux pas atterrir. Je suis prête à le faire tous les jours jusqu’à ce que mon projet change et qu’il ne me fasse plus vibrer.

Avez-vous déjà sauté d’un avion en parachute ? Moi oui ! J’ai eu moins peur de le faire que de me lancer en micro entreprise ! 

En faisant ce bilan de mes 30 premiers jours d’entrepreneuse, je suis surmotivée et plutôt contente. Je suis entièrement Community & Social Media Manager pour les artistes et les professionnels de la musique!

Lorsque j’aurai un jour gris, je pourrai dire que finalement, le plus dur c’est de se lancer et de continuer à le faire sans cesse avec la même énergie que le premier jour.

Si vous êtes en train d’hésiter et de reculer chaque jour le début de votre projet, je n’ai qu’une chose à vous dire: lancez-vous! Vous verrez que la chute est belle et que le vent dans les cheveux est la chose la plus agréable au monde parce que vous serez libre.

Dites-moi en commentaire votre projet et ce qui vous empêche de sauter dans le vide! Je vous répondrai!